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Ben Davies : Treize ans de loyauté à Tottenham

Tottenham Hotspur vient de verrouiller un morceau de son identité. Ben Davies, 363 matches au compteur et vainqueur de l’Europa League en 2025, s’apprête à entamer sa 13e saison sous le maillot des Spurs. À l’heure où les effectifs tournent à toute vitesse, lui reste. Solide, fiable, presque immuable.

« Tottenham Hotspur, ça ressemble vraiment à la maison », confie le Gallois. La phrase est simple, mais elle résume tout. Arrivé en juillet 2014 en provenance de son club formateur, Swansea City, à seulement 21 ans, Davies s’est fondu dans le paysage de N17 jusqu’à en devenir l’un des visages les plus familiers.

D’un jeune espoir à homme de base

Son histoire à Londres commence vite et fort. Dès sa première saison au nord de la capitale, il aide les Spurs à atteindre la finale de la League Cup. Le décor est planté : Davies n’est pas là pour faire de la figuration.

Les années qui suivent portent la marque d’une équipe en pleine révolution. Tottenham grimpe dans la hiérarchie de la Premier League, signe ses meilleurs classements modernes, termine troisième en 2015-2016 puis deuxième en 2016-2017. Davies accompagne chaque étape, souvent dans l’ombre, toujours dans le bon tempo.

Avec plus de 350 rencontres à son actif, il appartient aujourd’hui à un cercle très fermé : seulement 29 joueurs ont atteint ce cap dans toute l’histoire du club. Une statistique qui en dit plus long qu’un long discours.

L’épopée européenne et les grandes nuits

Le Gallois s’inscrit aussi dans les plus grandes pages européennes de Tottenham. En 2018-2019, il manque à peine quatre matches de la saison alors que le club file vers sa première finale de Champions League. Une campagne qui a changé de dimension le regard porté sur les Spurs. Davies y a tenu son rang, sans éclat tapageur, mais avec cette constance qui fait les joueurs de confiance.

Il remet ça en coupes nationales : nouvelle finale de League Cup en 2021, où il inscrit l’un de ses dix buts pour le club sur la route de Wembley. Pas le plus prolifique, mais souvent présent quand il faut répondre.

Puis vient la saison 2021-2022, sans doute son chef-d’œuvre domestique. À 33 ans aujourd’hui, il peut regarder cette campagne comme un tournant. Installé à gauche d’une défense à trois, il devient indispensable : 43 matches joués, dont les 27 dernières journées de Premier League d’affilée. Tottenham enclenche une série remarquable, arrache une qualification pour la Champions League et met fin à deux ans d’absence au sommet européen. Davies, lui, ne sort plus de l’équipe.

Leader de vestiaire, bras de capitaine

Les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’autre se joue dans le vestiaire. Au fil des années, Davies a pris de l’épaisseur, jusqu’à porter régulièrement le brassard. Tottenham le décrit comme un joueur influent, un leader naturel qui incarne les valeurs du club.

Les derniers mois n’ont pourtant pas été simples. Freiné par une blessure, il a dû regarder certains moments difficiles depuis la touche. « Ça a été dur de ne pas pouvoir aider l’équipe sur le terrain dans des périodes compliquées », admet-il. Alors il a compensé autrement : présence dans le vestiaire, voix forte dans le groupe, soutien permanent. Quand les jambes ne peuvent plus, le caractère prend le relais.

« Mon cœur est sur la manche pour ce club et je donnerai tout pour lui », lâche-t-il encore. Chez d’autres, la formule sonnerait creux. Chez lui, elle s’appuie sur une décennie de preuves.

Bilbao, apogée en blanc et bleu

Son plus grand soir en Lilywhite ne date que de l’an dernier. À Bilbao, Tottenham soulève la Europa League. Un moment d’histoire pour le club, une consécration pour Davies. Présent dans toutes les feuilles de match sauf deux durant la campagne, il grimpe à la deuxième place du classement des apparitions européennes dans l’histoire des Spurs. Là encore, la trace est durable.

Cette fidélité de club se double d’une fidélité de pays. Avec le pays de Galles, Davies est devenu un repère. Il porte régulièrement le brassard de capitaine, a atteint la barre symbolique des 100 sélections en octobre dernier et a disputé trois grands tournois internationaux : Euro 2016, Euro 2020 et Coupe du monde 2022. Aucun joueur gallois n’a fait mieux en termes de participation aux grandes compétitions.

Un symbole dans un football pressé

Dans un football qui consomme les joueurs comme des actifs, Ben Davies fait figure d’exception. Treize saisons au même endroit. Une constance de niveau, une capacité à se réinventer dans différents systèmes, une influence qui dépasse largement la ligne de touche.

Tottenham a connu des cycles, des entraîneurs, des philosophies. Le Gallois, lui, est resté. Solide à gauche, solide dans le vestiaire, solide dans la durée. À l’heure d’aborder une nouvelle saison, une question s’impose presque d’elle-même : jusqu’où ira encore ce mariage entre Ben Davies et les Spurs, devenu bien plus qu’un simple contrat de joueur ?