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Bayern Munich : victoire sans panache à Wolfsburg

Le Bayern Munich avait encore Paris dans la tête et la défaite cruelle de mercredi. Une demi-finale de Champions League perdue d’un but, des regrets à la pelle, et une saison européenne qui s’arrête à un souffle de la finale. Trois jours plus tard, à Wolfsburg, les champions d’Allemagne ont gagné. Mais sans panache. Sans rythme. Sans leur tueur habituel.

Ils repartent pourtant avec l’essentiel : un succès 1-0, une feuille de route intacte pour un doublé national, et un homme providentiel inattendu, Michael Olise.

Kane glisse, le doute s’installe

Thomas Tuchel avait remanié son onze : six changements, des jambes fraîches, mais une équipe méconnaissable dans le dernier tiers. Harry Kane était bien là, titulaire, meilleur buteur du championnat, repère offensif d’une saison. Il a eu l’occasion parfaite pour relancer tout le monde.

36e minute. Penalty. Le genre de moment où Kane ne tremble jamais en Bundesliga : 24 tentatives, 24 réussites jusque-là. Il s’élance, accroche légèrement le gazon, dévisse. Le ballon file à côté. Premier penalty manqué en championnat allemand. Silence lourd, regards perdus, frustration évidente.

Ce raté a figé un Bayern déjà emprunté. Beaucoup de possession, peu de vitesse, encore moins d’inspiration. Wolfsburg, en difficulté cette saison, n’a pas vraiment profité des hésitations bavaroises, mais l’ombre du contre planait sur chaque ballon perdu.

Olise change tout d’un coup de patte

Il a fallu attendre la deuxième période pour que les champions se comportent comme tels. Ligne un peu plus haute, pressing plus agressif, les enchaînements ont enfin pris forme. Et la qualité individuelle a fait la différence.

56e minute. Michael Olise se retrouve côté gauche, rentre sur son pied, ouvre son corps et enroule une frappe splendide dans la lucarne opposée. Un geste de pur technicien, un but qui tranche avec la grisaille du reste du match. Le verrou de Wolfsburg saute, le Bayern respire.

Le but n’a pas pour autant transformé la rencontre en démonstration. Les Bavarois ont géré, sans vraiment accélérer, comme si l’énergie mentale manquait pour assommer l’adversaire. Wolfsburg, lui, a attendu son moment.

89e minute. Mattias Svanberg se présente avec une occasion en or, seul face à Jonas Urbig. La frappe vient mourir sur le poteau. Le Bayern est prévenu : même un succès étriqué peut basculer dans le mauvais sens sur un détail.

Le cadre tremble, pas le résultat. Le champion s’en sort.

Un doublé encore à portée de main

La soirée n’efface pas la désillusion européenne, mais elle remet le Bayern dans son couloir domestique. Le club munichois peut toujours réaliser le doublé : la finale de la Coupe d’Allemagne contre Stuttgart, le 23 mai, reste un objectif majeur.

En championnat, la hiérarchie est claire : le Bayern trône devant, Borussia Dortmund est solidement installé à la deuxième place, RB Leipzig suit en troisième position. Ces trois-là sont déjà assurés de disputer la prochaine Champions League.

Derrière, la tension est ailleurs. Stuttgart occupe la quatrième place, à égalité de points (61) avec Hoffenheim, cinquième. Une bataille à couteaux tirés pour le dernier billet automatique vers la C1. Le Bayern, lui, regarde ce duel de loin, mais sait qu’il retrouvera Stuttgart très vite, dans un contexte bien plus tranchant : une finale, un trophée, une saison à sauver.

À Wolfsburg, ce n’était ni beau ni marquant. Juste une victoire qui compte. Parfois, c’est exactement ce dont un champion meurtri a besoin.

Bayern Munich : victoire sans panache à Wolfsburg