Bayern II : le retour difficile de Dante
La lune de miel aura duré… six matches. Six défaites. Deux petits buts marqués, seize encaissés. Le retour de Dante au FC Bayern, cette fois sur le banc de la réserve, prend des allures de rude apprentissage.
Une semaine après la claque inaugurale à domicile contre le promu SC Eltersdorf (0-1), Bayern II a rechuté vendredi soir à Wacker Burghausen, battu 2-0 sans contestation possible. Zéro point après deux journées de Regionalliga Bayern, lanterne rouge, et un constat brutal : jamais depuis la création de la ligue en 2012/13 l’équipe réserve munichoise n’avait perdu ses deux premiers matches de championnat.
Un premier acte à sens unique
À Burghausen, huitième la saison passée, les espoirs du Rekordmeister ont surtout manqué leur première période. Wacker a imposé d’entrée un rythme que les jeunes Bavarois n’ont jamais vraiment su suivre. La pression a vite pesé sur la défense, et la sanction est tombée.
Felix Bachschmid a ouvert le score à la 22e minute, récompensant une domination déjà nette. Le même Bachschmid a doublé la mise à la 38e, pliant presque l’affaire avant la pause. 2-0, et une impression de fragilité criante chez des visiteurs débordés dans les duels, en retard dans les courses, trop tendres pour le niveau affiché ce soir-là.
Le score n’a plus bougé, mais c’est surtout parce que Wacker a levé un peu le pied, pas parce que Bayern II avait réellement trouvé la clé.
Une jeunesse livrée au dur métier
La composition de départ racontait déjà une partie de l’histoire : un onze avec une moyenne d’âge de 20 ans. Une équipe pensée comme un tremplin, pas comme un produit fini. Pour encadrer ce groupe, deux hommes d’expérience : Benno Schmitz, 31 ans, passé par 1. FC Köln et RB Leipzig, et Anton Heinz, 28 ans, vu notamment à Alemannia Aachen. Sur le papier, de quoi guider la jeunesse. Sur le terrain, l’écart de maturité collective saute encore aux yeux.
Après la pause, Dante a ajusté quelques détails. Bloc un peu plus compact, lignes resserrées, davantage de sécurité derrière. Bayern II a mieux tenu, a enfin réussi à sortir, à combiner, à se créer quelques situations offensives. Le match, lui, n’a jamais vraiment repris feu. La réduction de l’écart n’est pas venue.
Dante l’a reconnu après le coup de sifflet final : les retouches de la mi-temps ont amélioré le visage de son équipe, mais sans la moindre récompense au tableau d’affichage. Pas de but, pas de point. Juste une frustration de plus à digérer, et la nécessité, martelée par le Brésilien, de garder la tête haute et d’apprendre vite.
Un faux départ historique… et lourd d’enjeux
Sur deux journées, personne ne descend. Sur deux journées, une saison ne se joue pas. Mais si l’on ajoute les quatre défaites en amical, ce n’est plus un simple accroc de début d’exercice, c’est une série. Six matches, six revers. Un goal-average de 2-16 qui parle de lui-même.
À Säbener Straße, on ne sortira pas encore les grands mots, mais les premières rides de préoccupation apparaissent. Pour le FC Bayern, la réserve n’est pas un gadget. C’est un maillon essentiel de la chaîne de formation. Une relégation en Oberliga serait un sérieux problème pour le club, qui veut offrir à ses talents maison du temps de jeu au plus haut niveau possible. L’idéal reste la 3. Liga. La Regionalliga est déjà considérée comme le strict minimum.
Dans ce contexte, ce départ raté ne peut pas être balayé d’un revers de main. Il oblige à réagir vite, à corriger les failles, à transformer les intentions de jeu en points concrets.
Dante, de l’euphorie au test de caractère
L’histoire avait pourtant tout du joli récit. Dante, héros du triplé 2013, de retour « chez lui » après la fin de sa carrière à OGC Nice, directement propulsé sur le banc de l’équipe réserve pour sa première expérience d’entraîneur. Le Brésilien de 42 ans était revenu à Munich gonflé d’enthousiasme, avec un discours clair : du jeu, de la joie, des jeunes qui « mettent le pied » et sortent du terrain heureux, mais avec travail et discipline comme boussole.
Pour l’instant, la joie se fait attendre. Le travail, lui, ne manque pas. La réalité de la Regionalliga, rude et exigeante, s’impose à lui et à son groupe avec une brutalité que les chiffres résument cruellement.
Reste à savoir si ce début de cauchemar servira de déclic. La réponse pourrait déjà commencer à tomber samedi prochain, avec la réception de 1. FC Schweinfurt, fraîchement relégué de 3. Liga. Un adversaire taillé pour tester la réaction de Bayern II.
Le décor est planté : ou ce match relance l’euphorie annoncée, ou il installe durablement le doute dans la saison de Dante.




