Le Bayern ne s’est pas contenté de valider son billet pour les quarts de finale. Il a envoyé un message à toute l’Europe. Un 10-2 cumulé face à l’Atalanta, une démonstration de force, pendant que le Real Madrid écartait Manchester City 5-1 sur l’ensemble des deux matches. Résultat : une affiche qui sent la poudre, un choc entre le club le plus titré d’Allemagne et le monstre sacré de la C1.
Pour Lothar Matthäus, il n’y a pourtant pas de doute.
Matthäus tranche : le Bayern favori contre le Real
L’homme le plus capé de l’histoire de la Mannschaft, ancienne icône et capitaine du Bayern, ne s’est pas réfugié derrière les précautions d’usage. Il a posé les mots, clairement. Pour lui, le Bayern est aujourd’hui la référence du continent.
Le club munichois, juge-t-il, « est l’équipe qui joue actuellement le mieux en Europe ». Pas seulement sur deux matches étincelants en Ligue des champions, mais sur la durée, sur l’ensemble de l’année. C’est ce socle de régularité qui le pousse à désigner le Bayern comme favori face au Real Madrid.
L’affirmation choque presque, tant le palmarès du Real impose le respect. Quinze couronnes européennes, une habitude presque insolente à renverser les géants, et cette capacité à éliminer City saison après saison. Le triplé de Federico Valverde lors du huitième de finale aller a encore rappelé à quel point l’équipe d’Álvaro Arbeloa peut frapper fort, même en pleine saison de hauts et de bas en Liga.
Mais Matthäus ne recule pas. Il assume.
Plus qu’un duel : le rêve de triplé
L’ancien Ballon d’Or ne se contente pas de voir le Bayern passer le Real. Il vise plus grand. Beaucoup plus grand. À 64 ans, il annonce sans trembler que l’équipe de Vincent Kompany a les armes pour tout rafler : championnat, coupe nationale, Ligue des champions.
Un triplé qu’aucun club allemand n’a réussi depuis… le Bayern lui-même, en 2019-2020, sous Hansi Flick. Matthäus y croit : les chances existent, la qualité est là, des deux côtés du terrain. Une équipe capable d’étouffer, de punir, de gérer.
Les chiffres domestiques lui donnent des arguments. En Bundesliga, le Bayern compte neuf points d’avance sur le Borussia Dortmund après 26 journées. L’emprise sur le titre ne faiblit pas. En DFB-Pokal, une demi-finale à l’extérieur contre le Bayer Leverkusen se profile. Le premier trophée de la saison est déjà dans l’armoire : la Supercoupe d’Allemagne.
Le décor est planté. Le triplé n’est plus une fiction, c’est un horizon.
Hoeness tempère, mais ne freine pas l’enthousiasme
Uli Hoeness, lui, garde un pied sur le frein. Pas sur la Bundesliga : l’ancien président se montre catégorique, il voit le Bayern champion d’Allemagne. Son optimisme sur le titre national flirte avec la certitude.
Sur le triplé, en revanche, le ton se fait plus mesuré. Hoeness partage l’enthousiasme sur la qualité de l’effectif. Selon lui, le Bayern n’a plus eu un tel potentiel depuis longtemps. Mais il refuse de considérer la saison comme déjà écrite.
Une phrase résume sa prudence : le déplacement à Leverkusen, en demi-finale de DFB-Pokal, « sera difficile ». Leverkusen reste l’une des rares équipes capables de vraiment bousculer le Bayern sur la scène allemande. Hoeness le sait, et le rappelle. Pour le triplé, chaque détail comptera.
Kane, le buteur qui change tout
Au cœur de cette ambition démesurée, un nom revient sans cesse : Harry Kane. L’attaquant anglais vit une saison qui frôle l’irrationnel. Il ne se contente pas de marquer, il rythme la saison bavaroise.
Face à l’Atalanta, lors du match retour, il a encore frappé deux fois. Son bilan en Ligue des champions avec le Bayern à domicile donne presque le vertige : 19 buts en 18 rencontres. Une cadence de buteur d’élite, sans temps mort.
Toutes compétitions confondues, Kane en est déjà à 49 réalisations cette saison. Aucun attaquant des grands championnats européens ne fait mieux. Il domine la hiérarchie des buteurs du continent, et tire le Bayern vers le haut semaine après semaine.
Le souvenir du dernier triomphe européen du club remonte à 2019-2020, avec ce triplé historique conclu par une victoire contre le Paris Saint-Germain à Lisbonne. Reproduire cet exploit en 2026 aurait une portée particulière : Kane deviendrait alors le premier joueur anglais à remporter la Ligue des champions avec un club allemand.
Et dans ce scénario, une autre question surgit déjà en filigrane : avec un triplé et une saison à ce niveau, comment l’attaquant, ex-icône de Tottenham, ne serait-il pas propulsé parmi les grands favoris pour le Ballon d’Or ?





