Barcelone récupère ses stars après la trêve internationale
Le long tunnel de la trêve internationale touche enfin à sa fin, et Barcelone récupère ses stars avec un drôle de goût en bouche. Les performances ont été brillantes, le compteur de minutes, lui, commence à affoler les compteurs. Pour Hansi Flick, la vraie compétition commence maintenant.
Yamal, l’« anxiété du génie »
Personne n’a plus marqué cette trêve que Lamine Yamal dans l’imaginaire blaugrana. L’ailier de 17 ans a été aligné d’entrée lors des trois premiers matches de l’Espagne, pour un total de 203 minutes. Trois titularisations, quatre buts, une passe décisive. Une production de joueur majeur, pas de gamin qu’on protège.
Luis de la Fuente a tenté de rassurer tout le monde en posant une limite claire : « personne ne dépassera 270 minutes sur les quatre matches de la trêve ». Le sélectionneur a aussi mis des mots sur le moteur du prodige, parlant de cette « anxiété du génie » qui veut toujours jouer, toujours gagner, toujours être le meilleur.
Problème pour Barcelone : cette anxiété-là ne connaît pas le calendrier. Et le calendrier, lui, ne pardonne jamais.
Gordon, indéboulonnable avec l’Angleterre
Sur l’autre front, Anthony Gordon a vécu une trêve du même calibre. Sous les ordres de Thomas Tuchel, l’ailier est devenu intouchable. Trois titularisations avec l’Angleterre, 218 minutes, un but à chaque sortie. Série en cours, confiance au maximum, jambes très sollicitées.
Pour Flick, c’est à la fois une bénédiction et un casse-tête. Les deux hommes arrivent en feu, mais avec un niveau d’usure qui, dès octobre, commence à poser question. La moindre baisse de régime, le moindre tirage musculaire, et c’est tout l’édifice offensif qui tremble.
Cancelo, le plus chargé de tous
Le cas le plus spectaculaire reste pourtant celui de Joao Cancelo. Le Portugais a tout joué. Quatre matches, 305 minutes, un but contre le Danemark, un autre contre la Norvège. Latéral, créateur, finisseur : il a tout fait, tout donné.
À son retour, Barcelone récupère un joueur en pleine confiance, mais avec un kilométrage digne d’un mois de compétition condensé en trois semaines. Sur un poste aussi exigeant, chaque sprint compte. Et il en a enchaîné beaucoup.
Gestion fine pour les autres cadres
Derrière ces trois-là, le reste de l’effectif international a été utilisé avec un peu plus de prudence.
- Pedri a disputé 120 minutes, de quoi retrouver du rythme sans brûler les étapes.
- Fermin Lopez s’est contenté de 80 minutes, Dani Olmo de 149, une charge plus raisonnable pour des joueurs qui sortent déjà d’un début de saison dense.
- En défense, Pau Cubarsi a enchaîné deux matches complets. Deux fois 90 minutes, preuve de la confiance qu’il inspire déjà, mais aussi d’une responsabilité qui grandit très vite.
- À l’inverse, Jules Kounde n’a joué que 90 minutes avec la France, une bonne nouvelle pour Flick dans la perspective des prochaines semaines.
Petites alertes, grosses inquiétudes
Tout n’a pas été qu’une question de temps de jeu. Les petits signaux physiques ont aussi commencé à clignoter.
Eric Garcia a quitté le rassemblement de l’Espagne plus tôt que prévu, gêné physiquement. Raphinha, lui, est revenu du Brésil avec un problème musculaire. Les examens ont écarté une blessure grave, mais le message est clair : la ligne rouge n’est pas loin.
Ces « petits pépins » en octobre deviennent souvent de vrais problèmes en novembre si la charge ne baisse pas. Flick le sait. Il arrive au moment où il doit trancher : qui enchaîne, qui souffle, qui sort du onze malgré sa forme du moment.
Un retour express avant un calendrier brutal
Le timing, lui, ne laisse aucun répit. Dix joueurs ont encore un dernier match mardi avant de reprendre l’avion. L’Espagne doit aller en Croatie, l’Angleterre reçoit la Tchéquie. Les internationaux rentreront au compte-gouttes, parfois à peine 48 heures avant de rejouer.
Barcelone accueille Getafe samedi pour son premier test après la trêve. Sans vrai sas de décompression, sans vraie semaine de travail collectif. Flick devra recomposer, évaluer les états de forme à la volée, ajuster les temps de jeu en direct.
Le niveau affiché par ses cadres avec leurs sélections donne des raisons d’être ambitieux. La somme de minutes, elle, impose la prudence. Entre l’envie de surfer sur la vague et la peur de la casse, la saison du Barça se jouera peut-être là : dans la capacité de Flick à dire stop à temps à des joueurs qui, eux, ne veulent jamais s’arrêter.




