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Ayla Guzzardo prend les rênes du basket féminin à Georgia

ATHENS (Géorgie) – À Georgia, le basket féminin vient de changer de visage. Et de ton. Mardi matin, dans une salle remplie d’administrateurs, d’anciens, de joueuses et de curieux, l’université a officiellement confié son programme à Ayla Guzzardo, architecte de reconstructions spectaculaires et figure montante du coaching universitaire.

Une nomination qui s’inscrit dans une stratégie de pouvoir

Sur l’estrade, le président de l’Université de Georgia, Jere Morehead, a planté le décor : cette arrivée n’est pas un coup isolé, mais une pièce de plus dans un projet global. Il a rappelé une direction athlétique structurée, menée par le J. Reid Parker Director of Athletics, Josh Brooks, et bâtie sur « un leadership fort et un engagement envers l’excellence ».

Pour Morehead, l’arrivée de Guzzardo s’inscrit dans cette dynamique. Elle incarne, selon lui, la vision de réussite de Georgia, sur le terrain comme en dehors. Le message est clair : le programme de basket féminin n’est pas un simple ajout au paysage sportif d’Athens, il en est désormais l’un des piliers.

Josh Brooks, lui, ne s’est pas contenté de parler de profil. Il a parlé de personne. De caractère.

Brooks – Guzzardo, la connexion de Hammond

Dès les premiers mots, Brooks a dévoilé la ligne directrice de sa recherche : « trouver un leader exceptionnel, d’abord un être humain remarquable », capable de se connecter aux étudiantes-athlètes, de parler aux fans, de s’ancrer dans la communauté. Pour lui, la réponse portait un nom depuis longtemps : Coach Ayla Guzzardo.

Les chiffres donnent du poids à son intuition. À McNeese, elle a pris en main un programme qui sortait d’une saison à 10–21. Cette saison, son équipe a terminé à 29–6. Une métamorphose. L’une des plus impressionnantes du pays, à une victoire seulement du plus grand retournement de situation sur une saison dans l’histoire du basket universitaire féminin. McNeese a signé sa première saison à 20 victoires depuis dix ans, la plus prolifique de son histoire. Avant cela, elle avait déjà redressé, sur huit saisons, un programme en difficulté à Southeastern (Louisiana), transformé en équipe régulièrement gagnante.

Mais Brooks a insisté sur ce qui, pour lui, dépasse les colonnes de statistiques : les joueuses croient en elle, la communauté se rassemble autour d’elle. À Georgia, ce genre de lien compte autant que les tableaux d’affichage.

Le lien entre les deux ne tient pas qu’à un dossier de candidature. Il est aussi géographique et culturel. Tous deux viennent de Hammond, en Louisiane. Brooks raconte avoir découvert ce détail après avoir vu l’équipe de Guzzardo jouer à Iowa. Intrigué par l’intensité et la ténacité de son groupe, il se penche sur sa biographie, découvre leur ville commune et commence à suivre de près sa trajectoire.

Lui y voit un écho personnel : il se décrit comme un dirigeant venu de Louisiana-Monroe, obligé de « gratter » pour arriver là où il est. À ses yeux, l’équipe de Guzzardo joue comme il aimerait coacher : avec une féroce détermination. Cette proximité de valeurs, forgée dans une petite ville où le lien humain compte autant que les résultats, a fini de le convaincre.

Guzzardo, l’ADN d’une meneuse de jeu… devenue coach

Quand vient son tour de parler, Ayla Guzzardo ne se cache pas derrière des formules. Elle parle de « communauté » et de « famille » avec insistance. Elle promet aux anciens et aux fans qu’ils auront « toujours une place dans l’équipe ». Elle sait où elle pose les pieds : à Georgia, le nom d’Andy Landers reste associé à l’ADN du programme. Elle le cite spontanément, évoque le respect qu’elle lui porte et la base qu’il a construite pour permettre au programme de viser « de nouveaux sommets ».

Son style, elle le revendique sans détour. Ce qu’elle était comme joueuse, elle le transpose sur le banc. Bruyante. Énergique. Passionnée. Intense, mais dans une forme de contrôle. Feisty, dirait-on là-bas. Elle attend la même chose de ses équipes. Quiconque regardera jouer Georgia à l’avenir devrait retrouver ce reflet : une équipe qui ne triche pas avec l’engagement.

Pour elle, la bascule vers un programme de l’ampleur de Georgia n’a vraiment pris forme qu’après sa rencontre avec Josh Brooks et sa découverte d’Athens. Elle raconte avoir compris, en arrivant sur le campus, à quel point l’endroit était spécial, à quel point le basket y compte. C’est là qu’elle a su que c’était « le bon endroit ».

Une vision qui dépasse les lignes du terrain

Dans son discours, un fil revient sans cesse : la relation humaine. Guzzardo ne voit pas son poste comme un simple emploi. Elle parle de « relations et amitiés à vie » nouées dès le processus de recrutement. Pour elle, le travail ne s’arrête pas au jour du diplôme. Elle veut suivre ses anciennes joueuses dans leurs carrières, leurs mariages, la construction de leurs familles, leurs succès de vie. « C’est plus grand que le basket », répète-t-elle en substance.

Cette approche résonne avec les valeurs que Brooks associe à Hammond et qu’il veut voir infuser à Georgia : connexion, proximité, authenticité. Ce n’est pas un hasard si, dans son échelle personnelle, il place désormais le nom de Guzzardo aux côtés de figures majeures issues de cette même région, comme Kim Mulkey ou Pete Golding.

Athens, nouveau théâtre d’une reconstruction annoncée

En regardant autour d’elle, Guzzardo dit ne plus avoir aucun doute : Georgia est « engagée envers le basket ». Elle remercie pour « cette opportunité immense » et promet une équipe agréable à suivre, passionnée, énergique, visible sur le terrain… et dans la ville. Elle annonce la couleur : elle, son staff, ses joueuses travailleront dur. Et ce labeur, affirme-t-elle, se verra autant sur le parquet qu’en dehors.

Le message final claque comme un slogan de vestiaire : « On est tous ensemble là-dedans. Go Dawgs! »

La salle applaudit. Le programme, lui, entre dans une nouvelle ère. Reste une question brûlante : jusqu’où l’intensité d’Hammond peut-elle pousser Georgia dans la hiérarchie du basket féminin universitaire ?