À New York, loin de l’effervescence d’Accra mais déjà plongé dans l’atmosphère de la Coupe du monde, Asamoah Gyan n’a pas cherché à esquiver l’évidence. Oui, l’Angleterre est l’ogre du groupe L. Oui, sur le papier, les Three Lions dominent. Mais non, le Ghana ne se présentera pas en victime annoncée.
Les Black Stars ont hérité d’un groupe dense, avec England, Croatia et Panama. Un tirage qui ne laisse aucun droit à l’erreur. Le parcours débutera face au Panama le 17 juin, avant un rendez-vous très attendu contre l’Angleterre le 23 juin. Entre ces deux dates, une certitude : Gyan ne veut pas voir son pays se contenter de jouer les figurants.
« On joue contre England, on est dans le même groupe. Sur le papier, England, bien sûr, c’est l’une des meilleures équipes du monde en ce moment », a-t-il confié lors de la présentation du nouveau maillot de la sélection par PUMA à New York. Puis il a vite recadré le débat : « Je ne pense pas à jouer England, je veux juste que le Ghana se qualifie pour le tour suivant. On verra ce qui se passera. Mais Ghana contre England, ça va être un très, très bon match. »
Le souvenir d’un soir à Wembley
Quand Gyan parle d’England, ce n’est pas de la théorie. C’est de l’histoire vécue. La sienne.
En 2011, lors d’un match amical international, Andy Carroll ouvre le score pour les Three Lions. Le Ghana semble battu. En fin de rencontre, Gyan s’arrache, égalise, fait taire Wembley et inscrit un but qui restera comme l’un des symboles de son règne en sélection. Score final : 1-1, mais surtout un message envoyé au monde. Le Ghana n’a pas peur des grandes affiches.
Aujourd’hui encore, ce but pèse dans la mémoire collective ghanéenne. Et il nourrit l’idée que, même face à une Angleterre annoncée favorite du groupe L, tout reste possible sur 90 minutes.
Le roi africain du Mondial regarde vers la relève
Asamoah Gyan n’est pas seulement le meilleur buteur de l’histoire du Ghana en Coupe du monde. Il est aussi le meilleur buteur africain de l’histoire du tournoi, avec six réalisations. Une marque forte, plantée au cœur de la plus grande scène du football.
Il ne s’y accroche pourtant pas comme à un trophée personnel. Au contraire, il la pousse vers la prochaine génération.
« Pour moi, les records sont faits pour être battus. Je me considère chanceux d’être à ce niveau, d’avoir marqué six buts en Coupe du monde. Le seul Africain à avoir marqué six buts dans l’histoire du tournoi. Le record est là pour être battu. Je souhaite à cette nouvelle génération de très bien performer. L’un d’entre eux peut arriver et battre ce record », a-t-il expliqué.
Dans ses mots, aucune nostalgie amère. Plutôt une forme de transmission. Gyan sait ce que représente une Coupe du monde pour un jeune joueur ghanéen. Il sait aussi qu’un but au Mondial peut changer une carrière, une vie, parfois même l’image d’un pays.
PUMA, un fil rouge entre carrière et nation
Si Gyan était à New York, ce n’était pas uniquement pour parler de tactique ou de souvenirs. PUMA dévoilait le nouveau maillot du Ghana pour la Coupe du monde, une tunique qui accompagnera la nouvelle vague de Black Stars sur la scène mondiale.
L’équipementier allemand habille le Ghana depuis 2008. Une longévité qui a marqué la carrière de l’ancien capitaine.
« PUMA est notre sponsor principal depuis plus d’une décennie. En année de Coupe du monde, avoir les maillots de l’équipe nationale et tout le reste, je suis très heureux d’en faire partie. Personnellement, quand je jouais, je travaillais avec PUMA, donc je sais ce que PUMA a fait pour moi et pour mon pays, ainsi que pour d’autres pays. Je suis là pour PUMA », a-t-il rappelé.
Entre les nouveaux maillots, la mémoire des exploits passés et l’ambition affichée, une ligne se dessine : le Ghana ne se rendra pas au Mondial pour simplement saluer les grands noms.
England reste le favori désigné du groupe L. Croatia apportera son expérience, Panama sa fougue. Mais dans l’ombre des pronostics, une question s’impose déjà : qui osera encore sous-estimer les Black Stars quand le ballon roulera enfin, le 17 juin ?





