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AS Roma écrase Udinese 5-2 : Analyse de la 10e journée de Serie A

Au Bluenergy Stadium, cette affiche de la 10e journée de Serie A a opposé une Udinese en détresse, 19e avec 5 points et une différence de buts totale de -12 (11 buts marqués pour 23 encaissés), à une AS Roma lancée dans la course au titre, 3e avec 24 points et une différence de buts totale de +18 (28 pour, 10 contre). Le scénario final, 5-2 pour les Romains après un 4-0 à la pause, a confirmé l’écart structurel entre une équipe frioulane fragile à domicile (0 victoire, 1 nul, 5 défaites, 4 buts marqués pour 14 concédés à la maison) et une Roma redoutable sur ses déplacements (3 victoires, 2 nuls, 14 buts marqués pour 5 concédés).

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I. Le grand récit tactique : deux 3-4-2-1, deux mondes

Les deux entraîneurs, K. Runjaic et G. Gasperini, ont aligné un 3-4-2-1 miroir, mais avec des intentions radicalement différentes. Udinese, déjà en difficulté sur l’ensemble de la saison (1 victoire totale en 10 matches, 7 défaites), cherchait à densifier l’axe pour protéger une défense qui encaisse en moyenne 2,3 buts par match, que ce soit à domicile ou en déplacement. AS Roma arrivait, elle, avec une attaque de haut vol : 2,8 buts marqués en moyenne par match, aussi bien à domicile qu’en voyage, et une capacité à frapper à tous les moments, avec un pic offensif dans le dernier quart d’heure (25 % de ses buts entre la 76e et la 90e minute).

Runjaic a confié la rampe de lancement à M. Okoye dans les buts, protégé par un trio J. Abankwah – C. Kabasele – M. Palma. Sur les côtés, M. Vojvoda et H. Kamara devaient donner de la largeur, tandis que le double pivot J. Karlström – L. Miller avait pour mission de colmater les brèches et d’assurer la première relance. Devant, le triangle N. Zaniolo – J. Ekkelenkamp – K. Davis devait apporter des solutions entre les lignes et dans la profondeur.

En face, Gasperini a construit une Roma très agressive sans ballon et fluide avec, avec P. Gollini derrière une ligne de trois composée de D. Ghilardi, E. Ndicka et Hermoso. N. Molina et Wesley occupaient les couloirs, tandis que M. de Roon et B. Cristante verrouillaient l’axe. Entre les lignes, M. Soulé et Rodrigo Mora devaient alimenter D. Malen, l’un des hommes forts de ce début de saison avec 8 buts et 1 passe décisive en 9 apparitions de Serie A.

II. Les absences et le vide qu’elles laissent

Udinese arrivait déjà amoindrie, privée de D. Alaba (mollet), V. Bayo (cuisse), I. Gueye (cheville) et A. Zanoli (musculaire). Au-delà des noms, c’est la rotation défensive et la capacité à gérer la profondeur qui en ont souffert. Avec seulement 1 clean sheet total et 4 matches sans marquer, cette Udinese n’a ni la solidité ni la marge pour compenser de tels manques.

Roma, de son côté, se présentait sans P. Dybala (mollet), L. Pellegrini (cuisse), M. Kone (musculaire) et M. Svilar (orteil). Perdre Dybala, meilleur passeur de l’équipe avec 4 passes décisives en 6 matches de Serie A, aurait pu brider la créativité romaine. Mais la profondeur de l’effectif, notamment avec M. Soulé (3 buts, 3 passes décisives) et Wesley (3 passes décisives, 22 passes clés), a permis de compenser cette absence dans les demi-espaces.

Disciplinaires, les signaux d’alerte étaient déjà là : J. Karlström est l’un des joueurs les plus sanctionnés du championnat avec 4 cartons jaunes, tandis que D. Malen a déjà vu rouge une fois cette saison. Dans un match où Udinese subit beaucoup (16-30 % de ses buts encaissés entre la 31e et la 45e minute, puis 21,74 % entre la 61e et la 75e), la gestion émotionnelle devenait un facteur clé.

III. Les duels-clés : chasseurs et boucliers

Le chasseur : D. Malen vs la défense frioulane

Avec 8 buts, 30 tirs dont 15 cadrés, D. Malen incarne la pointe du glaive romain. Il aime attaquer les espaces dans le dos et frapper dans les temps forts de Roma, notamment entre la 31e et la 45e minute (17,86 % des buts de l’équipe) et dans le dernier quart d’heure. Or, Udinese encaisse 30,43 % de ses buts entre la 31e et la 45e minute et 13,04 % entre la 76e et la 90e. L’intersection est évidente : dès que la Roma hausse le rythme avant la pause, la ligne Abankwah – Kabasele – Palma se fissure.

Le cerveau : M. Soulé et Wesley vs le bloc médian d’Udinese

M. Soulé, déjà auteur de 3 buts et 3 passes décisives, est le créateur principal de Roma avec 17 passes clés et 22 dribbles réussis. Wesley, lui, ajoute 22 passes clés et 15 tacles réussis, capable de dicter le tempo tout en coupant les transitions adverses. Face à eux, le double pivot Karlström – Miller doit faire face à un dilemme permanent : sortir pour presser au risque d’ouvrir des lignes de passe vers Malen, ou rester bas et laisser Roma installer son jeu entre les lignes.

L’âme frioulane : J. Ekkelenkamp comme dernier fil

Pour Udinese, J. Ekkelenkamp est la principale menace offensive : 3 buts, 1 passe décisive, 11 passes clés, 16 tirs. Sa capacité à se projeter depuis la ligne des milieux offensifs est l’un des rares leviers pour exploiter la seule vraie zone de fragilité romaine : entre la 46e et la 60e minute, où la Roma encaisse 40 % de ses buts, et dans le dernier quart d’heure (encore 40 %). Si Udinese parvient à survivre au premier acte, Ekkelenkamp peut punir les baisses de concentration de la défense Ndicka – Hermoso – Ghilardi.

IV. Pronostic statistique : la logique de l’xG sans les chiffres

Sans données d’xG chiffrées, la projection repose sur les volumes offensifs et défensifs : Roma marque en moyenne 2,8 buts par match et n’en concède que 1, quand Udinese n’en marque que 1,1 et en encaisse 2,3. L’écart de qualité dans les deux surfaces est massif. La Roma a déjà réalisé 5 clean sheets totales, dont 3 à l’extérieur, alors qu’Udinese n’a jamais gardé sa cage inviolée à domicile.

Dans ce contexte, même en imaginant un sursaut d’orgueil d’Udinese porté par Ekkelenkamp et Zaniolo, la structure du match penche nettement vers une Roma capable d’ouvrir le score tôt, d’exploiter les failles chroniques frioulanes avant la pause, puis de gérer le tempo grâce au volume de Soulé, Wesley et Cristante. La probabilité d’un nouveau succès romain avec au moins deux buts d’écart est cohérente avec la dynamique de la saison et le récit de ce 5-2 : une équipe en pleine confiance, une autre déjà en lutte pour sa survie.