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Arsenal sans Vinicius Jr : trois pistes crédibles pour l'ailier gauche

Pendant quelques jours, le rêve a semblé presque réel. Les tribunes virtuelles d’Arsenal se sont enflammées à l’idée de voir Vinicius Jr quitter le Real Madrid pour s’installer à l’Emirates. Un contrat qui tardait à être prolongé, une échéance fixée à l’été prochain, et l’espoir fou de profiter d’une brèche pour arracher l’un des ailiers les plus dévastateurs de la planète.

La porte s’est refermée d’un coup sec.

Le Brésilien a finalement trouvé un accord avec le Real Madrid et prolongé son bail dans la capitale espagnole. Rêve envolé pour les Gunners. Et comme si cela ne suffisait pas, la piste Julian Alvarez s’est elle aussi refroidie, l’Argentin semblant promis à rester à l’Atletico Madrid ou, au minimum, en Liga.

Reste un problème très concret : le côté gauche de l’attaque d’Arsenal est nu.

Leandro Trossard, auteur d’une Coupe du monde 2026 remarquée, a fait ses valises pour Besiktas. Sur le papier, il ne reste que Gabriel Martinelli et le nouveau venu Christos Tzolis pour occuper ce couloir, avec Eberechi Eze en solution d’appoint. Martinelli sort d’une saison décevante, Tzolis ressemble davantage à un numéro 10 qu’à un ailier naturel, même s’il peut partir du côté. Pour une équipe qui vise le titre, c’est léger. Très léger.

Alors, où frapper maintenant ? Trois noms se détachent.

Bradley Barcola, le pari XXL pour rester au très haut niveau

Si Arsenal était prêt à assumer le coût astronomique d’un transfert de Vinicius Jr, le club ne peut pas reculer devant l’idée de payer cher pour Bradley Barcola.

Le joueur du PSG a 23 ans, soit trois de moins que le Brésilien, et affiche un profil statistique tout aussi démentiel. Il a construit l’essentiel de sa réputation en Ligue 1, championnat moins relevé que la Premier League, mais il a déjà montré en Ligue des champions qu’il pouvait exister au plus haut niveau, sous pression, face à des défenses structurées.

La situation est claire : Barcola réfléchit sérieusement à un départ. À Paris, la hiérarchie le place derrière Desire Doue, et son temps de jeu ne reflète ni son potentiel ni ses ambitions. C’est là qu’Arsenal doit s’engouffrer.

Le prix sera brutal. Pour espérer le faire sortir du PSG, il faudra au minimum s’aligner sur l’offre annoncée de Liverpool, autour de 115 millions d’euros. Mais ce type de profil – jeune, créatif, déjà rompu aux joutes européennes – colle parfaitement à la trajectoire dessinée par Mikel Arteta. Un ailier capable de déborder, de créer des décalages seul, de peser dans les grands soirs.

Si Arsenal veut rester dans le cercle des clubs qui dictent le marché, c’est ce genre de coup qu’il faut assumer.

Rafael Leao, génie en panne ou occasion en or ?

Le dossier Rafael Leao n’a rien d’évident. C’est justement ce qui le rend fascinant.

À 27 ans, l’ailier de l’AC Milan traverse une phase trouble. Ses dernières saisons en Serie A ont vu sa productivité se déliter, son jeu se fragmenter. Moins de liens avec ses partenaires, plus de gestes solitaires, et un chiffre qui résume le malaise : la saison dernière, son nombre de dribbles réussis est tombé sous la barre d’un par match en championnat, le plus faible ratio de sa carrière.

Pour un joueur bâti sur l’explosivité, le un-contre-un et la capacité à renverser un match sur une accélération, c’est un signal inquiétant.

Mais son contrat arrive à deux ans de son terme. Et là, la donne change. Milan sait que la fenêtre pour obtenir une indemnité significative se referme. Arsenal, lui, peut se glisser dans la brèche et tenter un coup à prix réduit, très loin des montants évoqués pour Vinicius Jr ou Barcola.

C’est un pari. Un vrai.

Leao reste un talent hors norme. Puissance, vitesse, frappe, capacité à attaquer la profondeur : tout est là. Avec un cadre tactique clair, un environnement exigeant mais structuré, Arteta peut se dire qu’il a les armes pour relancer une carrière qui patine. Le risque existe, bien sûr. Mais si le Portugais retrouve son meilleur niveau, Arsenal récupère un ailier de classe mondiale à un coût inférieur à celui du marché pour ce type de profil.

Dans une équipe qui manque d’un dynamiteur à gauche, ce genre de projet peut changer le visage d’une saison.

Ibrahim Mbaye, la projection à long terme

Autre piste, autre temporalité : Ibrahim Mbaye.

À 18 ans, le jeune attaquant du PSG attire déjà les regards des grands d’Europe. Liverpool aurait avancé sur un deal autour de 50 millions d’euros, sans pour autant être proche d’un accord définitif. Traduction : le dossier est ouvert, et peut être renversé.

Mbaye s’est fait remarquer la saison passée lors de ses entrées en jeu. Utilisé majoritairement côté droit, il a montré qu’il pouvait évoluer sur les deux ailes. Vitesse, audace, capacité à provoquer balle au pied : tout ce qu’on attend d’un ailier moderne en devenir. Il n’est pas encore un titulaire indiscutable dans un club qui vise le titre en Premier League, mais il peut déjà apporter des minutes de qualité, tout en grandissant dans l’ombre des cadres.

Pour Arsenal, ce serait un mouvement différent des deux autres options. Moins la recherche d’un titulaire immédiat, plus la volonté d’anticiper l’avenir. Un joueur à intégrer progressivement, sans brûler les étapes, tout en lui laissant la possibilité de bousculer la hiérarchie plus vite que prévu.

Si le club londonien accepte l’idée de ne pas combler totalement le vide dès cette saison, Mbaye représente une solution séduisante : un investissement important, mais sur un potentiel qui peut exploser dans deux ou trois ans.

Les fausses bonnes idées : Alvarez, Ndiaye, Nico Williams

Pendant que ces trois noms structurent une vraie réflexion sportive, d’autres pistes séduisent sur le papier, mais résistent mal à l’analyse.

Julian Alvarez, d’abord. L’Argentin reste accroché à l’Espagne, et l’Atletico Madrid ne veut pas le vendre à Barcelone. Entre la volonté du joueur et la position du club, tout indique qu’il restera en Liga cet été. Pour Arsenal, s’acharner sur ce dossier serait une perte de temps et d’énergie, surtout pour un joueur qui ne règle pas le problème prioritaire : le poste d’ailier gauche.

Iliman Ndiaye, ensuite. À 26 ans, le joueur d’Everton sort d’une Coupe du monde brillante avec le Sénégal, avec trois contributions décisives, et d’une saison solide en Premier League. Le profil est séduisant, le contexte aussi : il a déjà prouvé qu’il pouvait briller en Angleterre.

Mais son contrat court jusqu’en 2029. Everton est en position de force, et le prix annoncé dépasse les 70 millions de livres. Pour un joueur qui n’est pas un ailier gauche naturel, cela ressemble plus à un luxe qu’à une nécessité. À ce tarif, viser un Bradley Barcola ou un Ibrahim Mbaye, plus jeunes et avec un plafond plus élevé, a bien plus de sens.

Reste le cas Nico Williams. L’Espagnol a vu sa Coupe du monde perturbée par des soucis physiques, mais il a quand même trouvé le moyen de délivrer la passe décisive du but du titre mondial. L’ailier de l’Athletic Club est déjà considéré comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération à son poste.

Le problème est contractuel. À 24 ans, il est lié à Bilbao par un bail très long, jusqu’en 2025, avec une clause libératoire qui flirte avec les 100 millions d’euros. Sortir un tel montant pour un joueur aussi solidement attaché à son club formateur, c’est se lancer dans un bras de fer long, coûteux, et incertain.

Arsenal n’a pas ce temps-là.

Alors, quelle voie choisir ? Le coup de force immédiat avec Barcola, la rédemption à haut risque avec Leao, ou la patience ambitieuse avec Mbaye ?

Le couloir gauche décidera peut-être du visage d’Arsenal dans les prochaines années. Et dans une Premier League où chaque erreur de casting se paie au prix fort, le prochain ailier qui foulera l’Emirates ne pourra pas se contenter d’être une simple solution de rechange à Vinicius Jr.