Arsenal cherche un nouvel ailier gauche après Vinícius
Arsenal a tenté le coup de l’été. Un appel audacieux à Madrid pour tester la disponibilité de Vinícius Júnior. La réponse est tombée, froide et définitive : prolongation au Real, rideau. Le rêve s’est évaporé, mais il a laissé une question brûlante à Londres : qui pour dynamiter le côté gauche des champions d’Angleterre ?
Christos Tzolis est arrivé de Club Brugge pour remplacer Leandro Trossard. Un pari intéressant, pas une garantie. Imaginer l’ancien de Norwich verrouiller le poste dès sa première saison complète en Angleterre tient plus du souhait que de la certitude. Quant à Gabriel Martinelli, capable de fulgurances, il n’emporte ni l’adhésion totale des supporters, ni celle, plus importante encore, de son entraîneur.
Avec Morgan Rogers parti à Chelsea, Vinícius retenu à Madrid et Bradley Barcola qui penche vers Liverpool, la marge de manœuvre se rétrécit. Mais le marché n’est pas vide. Les chiffres Opta sous les yeux, plusieurs profils ressortent pour offrir à Arsenal un flanc gauche à la hauteur de ses ambitions.
Kenan Yildiz, le joyau de la Juve prêt à l’envol ?
Le nom revient régulièrement à Londres : Kenan Yildiz. Si Arsenal veut frapper fort, le timing semble idéal.
La Juventus a manqué la qualification pour la Ligue des champions la saison passée. Une anomalie pour le club turinois, et un contexte propice à un gros départ. Yildiz, lui, sort d’un exercice 2025-26 de patron : 20 contributions décisives en 47 matchs toutes compétitions confondues (11 buts, 9 passes).
En Serie A, il est devenu seulement le deuxième joueur de la Juve en 50 ans à inscrire au moins cinq buts lors de ses 15 premiers matchs de championnat avant ses 21 ans. Le précédent ? Alessandro Del Piero, son idole d’enfance, en 1994-95. Il est ensuite devenu le premier joueur non italien de la Juve à atteindre les 10 buts en Serie A avant 21 ans, et seulement le septième joueur du club à le faire, le premier depuis Roberto Bettega en 1970-71.
Le profil colle parfaitement à ce que cherche Arsenal : un ailier dynamique, créatif, imprévisible. Yildiz préfère son pied droit, mais frappe sans complexe du gauche. La saison dernière, il a tenté 73 tirs du droit en Serie A, 23 du gauche. Difficile pour un défenseur de l’orienter quand il démarre en un contre un.
Et ce n’est pas qu’un finisseur. Dans les cinq grands championnats européens, seuls Bruno Fernandes (98) et Romano Schmid (77) ont créé plus d’occasions dans le jeu que lui (67). Sur les portés de balle qui débouchent sur une occasion, même constat : seul Vinícius (43) fait mieux que ses 37. Un ailier qui marque, crée, porte le ballon et n’a pas peur de la responsabilité. Pour une équipe championne qui veut rester au sommet, difficile de faire plus cohérent.
Nico Williams, le dribbleur qui casse les lignes
Dès qu’un club cherche un ailier gauche, un nom surgit : Nico Williams. Arsenal n’échappe pas à la règle.
Toujours lié à l’Athletic Club jusqu’en juin 2035, Williams s’accroche à son club formateur. Mais Arsenal a déjà réussi à convaincre Martín Zubimendi de quitter le Pays basque l’été dernier. Rien n’est donc figé.
Sa saison 2025-26 en Liga a été hachée par les blessures, mais les chiffres restent solides : six buts, trois passes décisives en 25 matchs. Et surtout, un impact direct sur le plus grand rendez-vous possible. Absent au début de la Coupe du monde, il est revenu pour aider l’Espagne, jusqu’au titre en Amérique du Nord. Son centre de la tête pour Ferran Torres offre le but unique de la finale contre l’Argentine.
Son influence se lit aussi dans les stats de dribbles. En Liga, Williams a tenté 8,2 dribbles par 90 minutes. Dans les cinq grands championnats, seuls Lamine Yamal, Kevin et Jérémy Doku ont fait mieux (minimum 1 000 minutes jouées). Il touche en moyenne 7,7 ballons par 90 dans la surface adverse : seulement 12 ailiers font plus.
La clause libératoire, estimée à 90 millions d’euros, pique un peu. Mais elle n’est pas rédhibitoire pour un club qui pense qu’il peut l’emmener au niveau supérieur. Arsenal sait ce que vaut un pari cher mais structurant. La question est simple : Williams est-il ce pari-là ?
Abde Ezzalzouli, la menace permanente de Liga
Abde Ezzalzouli, ou Ez Abde, a pris une autre voie. Moins exposée médiatiquement que celle de Vinícius, mais diablement efficace. À 24 ans, l’ailier de Real Betis sort d’une saison pleine : 10 buts, 8 passes décisives en 29 matchs de Liga. Seuls six joueurs ont fait mieux en Espagne.
Son absence au Mondial, sur blessure, a laissé un goût amer. Ce genre de frustration nourrit souvent les saisons suivantes. Betis, lui, a profité de sa forme pour décrocher un billet pour la Ligue des champions.
Abde n’est pas au niveau de Vinícius, personne ne le prétend. Mais certains traits rappellent le Brésilien : il provoque, accélère, gratte des fautes dans des zones dangereuses. Pour une équipe qui exploite aussi bien les coups de pied arrêtés qu’Arsenal, ce n’est pas un détail.
En Liga, seuls quatre joueurs ont obtenu plus de fautes que lui (71). Sur les portés de balle longs – au moins 10 mètres vers l’avant –, il tourne à 5,7 par 90 minutes, ce qui le place dans le top 10 des joueurs de Liga (minimum 1 000 minutes). Un joueur qui remonte le bloc, casse les lignes et offre des coups francs à répétition à Declan Rice et consorts : le profil s’inscrit parfaitement dans l’ADN de cette équipe.
Mika Godts, le diamant qui file vers Paris ?
Le dossier ressemble à un train déjà parti. Mika Godts semble promis au Paris Saint-Germain, pressenti pour remplacer Bradley Barcola, ciblé par Liverpool. Mais cet été est celui des « hijacks » de dernière minute. Et le PSG rechigne à payer le prix demandé par l’Ajax.
Arsenal pourrait-il en profiter ? Sportivement, le profil intrigue.
À 21 ans, le Belge figure parmi les ailiers les plus excitants d’Europe. Vif, dribbleur, porté vers le duel, mais avec de la production derrière. En Eredivisie, il a compilé 30 contributions décisives la saison passée (17 buts, 13 passes). Dans les 10 principaux championnats européens, seuls cinq joueurs ont fait mieux.
Sur la création d’occasions dans le jeu, il se hisse encore très haut : seuls Bruno Fernandes (98) et Christos Tzolis (81), tout juste arrivé à Arsenal, le devancent. Godts en a signé 80.
Au dribble, même constat : seuls Lamine Yamal (133) et Yan Diomande (118) ont complété plus de dribbles que lui (87).
Et sur les portés de balle qui aboutissent à une occasion, il se glisse dans un club très fermé : seul Tzolis (44) fait mieux que ses 43, un total identique à celui de Vinícius, mais en deux matchs de moins (34 contre 36). Bien sûr, ces chiffres viennent de la Belgian Pro League et de l’Eredivisie. Le saut vers la Premier League est immense. Mais le volume d’actions décisives et la répétition des gestes forts plaident pour lui.
Iliman Ndiaye, l’ailier qui travaille pour deux
À mesure que le dossier Vinícius s’éloignait, un nom revenait avec insistance : Iliman Ndiaye.
L’international sénégalais a majoritairement joué à droite avec Everton, mais il a souvent glissé à gauche après la blessure de Jack Grealish en janvier. Sa polyvalence sur tout le front de l’attaque en fait une option crédible pour Mikel Arteta.
Ses chiffres en Premier League 2025-26 parlent pour lui : six buts, trois passes décisives en 30 matchs, dans une équipe qui n’a pas toujours respiré la créativité. Surtout, Ndiaye a porté Everton vers l’avant balle au pied. Dans le championnat anglais, seul Jérémy Doku (84) a réussi plus de dribbles que lui (73).
Et il ne se contente pas d’attaquer. Le travail sans ballon colle parfaitement aux exigences d’Arsenal. Dans le dernier tiers adverse, un seul joueur a récupéré plus de ballons que lui la saison passée : Bukayo Saka (27). Ndiaye en a gagné 26. Un ailier capable de presser, dribbler, remonter le bloc et contribuer au score : pour un effectif qui veut rester agressif avec et sans ballon, la candidature a du sens.
Saïd El Mala, la pépite de Cologne qui affole la Bundesliga
Comme Godts, Saïd El Mala semble filer ailleurs. Le jeune attaquant de 19 ans est annoncé avec insistance du côté de Borussia Dortmund. Mais la fenêtre est encore ouverte, et les certitudes, rares.
Ses chiffres, eux, ne laissent pas place au doute : 13 buts en 34 matchs de Bundesliga avec un FC Köln en difficulté, finalement 14e du championnat. À cet âge, dans ce contexte, c’est massif.
Son nom a circulé du côté de Liverpool plus tôt dans l’été, avant que les Reds ne se tournent vers Barcola. Les données sur ses portés de balle sont parlantes : seuls Michael Olise (47) et Luis Díaz (41), tous deux au Bayern Munich, ont signé plus de portés de balle aboutissant à un tir que lui (37) en Bundesliga. Sur les portés qui finissent en but, seul Olise (8) le devance, El Mala en comptant six.
Un ailier qui crée ses propres occasions, dans une équipe qui subissait plus qu’elle ne dominait. Transposé dans un collectif comme celui d’Arsenal, qui vit dans le camp adverse, le potentiel devient difficile à ignorer.
Matias Fernandez-Pardo, la voie du potentiel
Si Arsenal accepte l’idée de miser sur l’avenir plutôt que sur un produit fini, Matias Fernandez-Pardo coche beaucoup de cases.
À 21 ans, l’international belge sort d’une saison solide avec Lille : huit buts, cinq passes décisives en 29 matchs de Ligue 1. Il a même été préféré à Mika Godts pour la Coupe du monde avec la Belgique, signe de la considération dont il jouit déjà.
Son influence se mesure surtout dans la progression du ballon. En France, seuls sept joueurs ont signé plus de portés de balle longs que lui (122). Il ne se contente pas de transporter le ballon : il menace. Il se classe septième pour les portés aboutissant à un tir (26), et sur ses 13 portés menant à une occasion, trois se sont transformés en passes décisives.
On sent pourtant qu’Arsenal cherche autre chose. Un joueur capable de « déplacer l’aiguille » dès maintenant, pas seulement dans deux ans. Fernandez-Pardo ressemble plus à un investissement de fond qu’à une solution immédiate pour un champion en quête de doublé.
Les paris fous : Grealish et Rashford, vraiment ?
Dans toute liste de cibles, il y a les évidences… et les idées qui font sourire, voire hausser les épaules. Mais Arsenal vient de tenter Vinícius. Difficile, dès lors, d’écarter les scénarios plus inattendus.
Jack Grealish, l’expert des fautes provoquées
Après un prêt très réussi à Everton, brutalement interrompu par une blessure, Jack Grealish est revenu à Manchester City. Son avenir, lui, semble ailleurs. Un nouveau départ est attendu cet été.
À 31 ans en septembre, il représenterait un choix à court terme. Mais ses 20 apparitions avec Everton ont rappelé qu’il restait un joueur productif en Premier League : deux buts, six passes décisives. Sur les occasions créées dans le jeu, il a dominé son équipe : 1,99 occasion par 90 minutes, au moins deux fois plus que n’importe lequel de ses coéquipiers (minimum 1 000 minutes).
Surtout, Grealish garde une arme que peu maîtrisent autant : l’art d’obtenir des fautes. La saison passée, seul Hannibal Mejbri (3,4 fautes subies par 90) en a gagné plus que lui (3,2) en Premier League parmi les joueurs ayant disputé au moins 1 000 minutes. Dans un Arsenal redoutable sur coups de pied arrêtés, l’idée de voir Grealish offrir trois coups francs offensifs par match a de quoi faire réfléchir.
Marcus Rashford, le pari XXL
Plus fou encore ? Marcus Rashford.
Son prêt au FC Barcelona a été « relativement bon » : 14 buts, 11 passes décisives en 49 matchs toutes compétitions confondues. Pourtant, les champions d’Espagne ont choisi de recruter son compatriote Anthony Gordon plutôt que de le conserver. Rashford est donc de retour à Manchester United, sans que l’on sache vraiment si le club et le joueur y trouvent leur compte.
Un chiffre interpelle dans son profil : les corners. En championnat, Rashford a frappé 94 corners pour le Barça, soit un de moins que Declan Rice en Premier League (95). Il a trouvé un coéquipier dans la surface sur 23 d’entre eux, deux de plus que Rice (21). Dans une équipe qui a fait des phases arrêtées une arme majeure, intégrer un ailier capable d’assurer un tel volume et une telle qualité sur corner n’est pas anodin.
Arsenal a osé rêver Vinícius et s’est heurté à la réalité madrilène. Mais le marché regorge d’ailiers capables de transformer son côté gauche, de Kenan Yildiz à Nico Williams, d’Abde à Ndiaye, des pépites Godts, El Mala ou Fernandez-Pardo aux paris d’expérience Grealish et Rashford.
Reste une seule vraie question : dans cette liste, qui mérite que les champions d’Angleterre cassent leur plan pour défendre leur couronne ?




