Arsenal face à deux cibles de Newcastle : Gordon et Tonali
L’été d’Arsenal ressemble pour l’instant à un brouillard organisé. On sait que le club doit vendre, on sait aussi qu’Andre Berta pilote déjà la stratégie mercato, discutée en interne depuis plusieurs semaines. Pour le reste, peu de certitudes, beaucoup de pistes, et un nom qui revient avec insistance : Newcastle United.
Selon The Telegraph, le club du nord-est, coincé par les contraintes financières de la Premier League malgré la puissance de ses propriétaires, serait disposé à laisser partir deux de ses joueurs majeurs si une offre suffisante arrive sur la table : Sandro Tonali et Anthony Gordon. Deux profils qui collent aux besoins d’Arsenal. Deux dossiers qui posent aussi de vraies questions sportives et économiques.
Gordon, la tentation pour l’aile gauche
Depuis l’arrivée de Mikel Arteta, Arsenal a peu à peu délaissé l’idée de ne piocher que sur le continent pour se tourner vers des joueurs déjà acclimatés à la Premier League. La liste parle d’elle-même : Leandro Trossard, entre autres, a rejoint le club, tout comme plusieurs recrues venues d’Angleterre lors des derniers mercatos. Le club londonien n’hésite plus à payer cher pour ce type de profil.
Anthony Gordon s’inscrirait dans cette logique. À Newcastle, l’ailier a clairement franchi un cap. Son activité, sa percussion, sa capacité à faire mal en un contre un en ont fait l’une des principales armes offensives des Magpies. À Arsenal, il serait clairement vu comme un upgrade potentiel sur le côté gauche.
Car sur ce flanc, le constat est nuancé. Trossard, précieux et intelligent, peine à s’installer comme une référence mondiale à ce poste. Gabriel Martinelli, explosif et spectaculaire, a vu sa progression marquer le pas ces derniers mois. Les deux restent de très bons joueurs, mais aucun ne donne encore l’impression d’appartenir au cercle très fermé des tout meilleurs du monde à ce poste.
C’est là que Gordon entre dans l’équation. Il offrirait une concurrence brutale, immédiate, et pousserait tout le monde à élever son niveau. La question, en revanche, est simple : jusqu’où aller financièrement pour un joueur qui, malgré ses progrès, n’a pas encore prouvé qu’il pouvait dominer au plus haut niveau européen sur la durée ?
Tonali, le luxe au milieu
Le cas Sandro Tonali est différent. Moins de doutes sur le joueur, davantage sur l’opportunité. Pour beaucoup, l’Italien fait déjà partie des meilleurs milieux centraux du championnat. Sa qualité de passe, son volume de jeu, son agressivité contrôlée et son intelligence tactique en font un profil taillé pour une équipe qui veut dominer avec et sans ballon.
Sur le papier, Arsenal a de quoi saliver. Dans la réalité de l’effectif, le tableau est plus complexe. Le poste naturel où Tonali pourrait s’exprimer à son meilleur niveau à Londres ressemble furieusement à celui où Declan Rice rayonne déjà : ce rôle de « left eight », ce milieu relayeur côté gauche capable de couvrir, d’organiser et de se projeter.
Pour accueillir Tonali, deux scénarios se dessinent. Soit l’Italien accepte une rotation où ses minutes ne seront pas garanties, ce qui paraît difficile à imaginer pour un joueur de ce calibre. Soit Arteta rebat les cartes : Rice recule d’un cran pour s’installer plus durablement en sentinelle, dans un rôle que le club envisageait déjà pour d’autres cibles comme Martin Zubimendi.
Dans tous les cas, rien n’est automatique. Tonali apporterait une profondeur de banc et une qualité rarement vues à ce poste chez Arsenal depuis des années, mais la hiérarchie au milieu deviendrait aussi plus délicate à gérer. Et dans un contexte où le club doit vendre avant de frapper fort, engager une somme considérable sur un poste déjà très bien pourvu peut surprendre.
Un marché d’opportunités… et de choix lourds
Newcastle, sous pression des règles financières de la Premier League, sait qu’il devra sans doute sacrifier au moins une pièce importante pour respirer. Que ce soient Gordon ou Tonali, les deux profils intéressent logiquement des clubs comme Arsenal, capables de payer le prix fort.
Pour les Gunners, la question n’est pas tant de savoir si ces deux joueurs amélioreraient l’effectif. Ils le feraient. La vraie interrogation se situe ailleurs : dans un été où chaque investissement compte, où placer le curseur ? Sur un ailier qui pourrait débloquer le côté gauche, ou sur un milieu déjà d’élite dans une zone où Rice règne déjà ?
Les opportunités existent. Les moyens, eux, ne sont pas illimités. Et c’est là que se jouera la vraie bataille du mercato à Londres.




