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Arsenal en mission rachat à Lisbonne : quart de finale de Champions League

Arsenal débarque à l’Estadio Jose Alvalade avec un mélange de fatigue mentale et d’ambition intacte. La scène est connue, le décor aussi : un quart de finale aller de UEFA Champions League, un club historique portugais en pleine transe européenne, et un géant anglais sommé de réagir après avoir brutalement déraillé sur la scène nationale.

Il y a quelques semaines à peine, l’équipe de Mikel Arteta filait vers un quadruplé rêvé. Puis la réalité l’a rattrapée. D’abord une finale de League Cup perdue face à Manchester City, puis une élimination en quart de finale de FA Cup à Southampton, pensionnaire de deuxième division, qui a fait l’effet d’une gifle. Deux coups de frein violents. Deux rappels à l’ordre.

En Europe, pourtant, le visage est tout autre. Arsenal a imposé son rythme en Champions League, contrôlant ses matches, dictant le tempo, donnant l’impression d’un collectif en pleine maturité. Même avec une infirmerie qui se remplit, le statut reste clair : les Londoniens arrivent au Portugal en favoris assumés pour franchir l’obstacle Sporting.

Sporting, le parfum de destin

Face à eux, Sporting Lisbonne avance avec cette impression de destin qui colle parfois aux équipes en feu. Le parcours en dit long. En huitièmes de finale, les hommes de Rui Borges semblaient condamnés après un premier acte cauchemardesque : une défaite 3-0 sur la pelouse de Bodo/Glimt. L’histoire paraissait pliée.

Elle ne faisait que commencer.

Au retour, dans l’ambiance brûlante de l’Estadio Jose Alvalade, Sporting a renversé la table. Une remontée spectaculaire, une domination totale, et un 5-0 arraché après prolongation pour s’ouvrir les portes des quarts à contre-courant de toute logique. Ce genre de soirée marque un groupe. Elle soude, elle convainc les joueurs que tout est possible, surtout face à plus gros qu’eux.

Sporting n’a pas l’armada d’Arsenal, mais il a une dynamique, une foi, et un stade qui sait se transformer en chaudron européen.

Un onze lisboète diminué mais dangereux

Les Portugais devront toutefois composer avec des absences importantes. Nuno Santos devrait manquer la rencontre en raison d’un problème à la cuisse, tandis que Luis Guilherme et Fotis Ioannidis restent incertains. Des pièces offensives en moins, des ajustements à trouver.

La créativité reposera davantage encore sur Francisco Trincao et Pedro Goncalves, les deux têtes pensantes du secteur offensif. Entre les lignes, capables de casser le pressing, de trouver la passe qui désorganise tout, ils représentent la principale menace pour une défense d’Arsenal qui aime défendre haut.

Derrière eux, un homme fait le sale boulot avec une régularité clinique : Morten Hjulmand. Le Danois ratisse, anticipe, ferme les angles, protège sa charnière. Son duel à distance avec les milieux d’Arsenal pèsera lourd dans l’équilibre du match. Si Hjulmand parvient à couper les circuits de relance des Gunners, Sporting peut espérer installer le doute.

Arsenal entre blessures et retours précieux

La bonne nouvelle pour Arteta arrive du terrain d’entraînement. Gabriel, Declan Rice et Leandro Trossard ont été aperçus avec le groupe avant le voyage à Lisbonne. Trois retours potentiellement majeurs, trois profils qui changent le visage de l’équipe, surtout dans un match où l’expérience et le caractère compteront autant que la qualité technique.

La liste des absents reste lourde : Bukayo Saka, Piero Hincapie, Eberechi Eze et Jurrien Timber ne seront pas de la partie. Des absences qui obligent à recomposer, à réinventer certains automatismes, à puiser plus profond dans l’effectif.

Arteta a au moins pu gérer les temps de jeu. Samedi, il a largement fait tourner, gardant au frais plusieurs cadres pour ce rendez-vous européen. On attend ainsi de voir Viktor Gyokeres, William Saliba, David Raya, Riccardo Calafiori, Martin Zubimendi et Noni Madueke débuter. Une colonne vertébrale solide, un mélange de puissance, de calme et de créativité.

Avec Saliba pour diriger la défense, Raya pour lancer proprement, Zubimendi pour organiser, Gyokeres pour fixer, Arsenal dispose des armes pour imposer son style loin de Londres.

Un quart de finale sous tension

Le coup d’envoi sera donné à 21h, heure locale, dans un Estadio Jose Alvalade qui promet d’être incandescent. Ce genre de soirée ne pardonne pas les temps faibles. Arsenal le sait. Sporting aussi.

Les Londoniens ont besoin de se rassurer, de prouver que les accrocs domestiques ne sont qu’un accident de parcours, pas le début d’une crise. Un résultat solide à Lisbonne, même sans briller, poserait les bases idéales avant le retour à Londres.

Sporting, lui, n’a rien à perdre. Le club portugais joue avec cette liberté des outsiders qui ont déjà renversé une montagne et qui se demandent quelle sera la suivante. Après Bodo/Glimt, pourquoi pas Arsenal ?

La réponse viendra d’un détail, d’une inspiration, d’un duel gagné au milieu. D’un moment où l’une des deux équipes décidera que cette saison européenne lui appartient.