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L’Angleterre remporte le barrage aller contre la Grèce

L’Angleterre a fait le travail, sans briller. À Crète, les Lionesses se sont imposées 3-1 face à la Grèce et abordent le barrage retour pour la Coupe du monde 2027 avec un avantage net… mais pas totalement rassurant avant le rendez-vous de mardi à Leicester.

Face à une équipe grecque classée 58e mondiale, on attendait une démonstration. On a vu une victoire solide, parfois séduisante, souvent frustrante.

Une première période sous contrôle… mais sans tranchant

Le décor se plante vite : ballon confisqué par l’Angleterre, Grèce regroupée, bloc bas, beaucoup de patience requise. Keira Walsh donne le ton à la 12e minute avec un lob audacieux depuis l’entrée de la surface, qui termine sur le toit du but. Bonne intention, finition imprécise. Un résumé de la première période anglaise.

Le premier moment de pur génie arrive à la 20e minute. Lauren James reçoit le ballon loin du but, lève la tête et ose le geste que peu tentent : un chip splendide d’environ 30 mètres, parfaitement dosé, qui lobe la gardienne et finit au fond. Un bijou. Un bijou aussitôt confisqué par le drapeau de l’assistante pour un hors-jeu. Le genre d’action qui change l’atmosphère d’un match. Là, elle ne change que le niveau de frustration.

Et cette frustration grandit quand la Grèce, jusque-là cantonnée à défendre, frôle le coup de tonnerre. Ioanna Papatheodorou s’échappe côté droit, fixe Esme Morgan, l’élimine d’un crochet, puis déclenche une frappe surpuissante à 35 mètres. Hannah Hampton est battue, la barre transversale la sauve. Un rappel brutal : l’Angleterre domine, mais n’est pas à l’abri.

La réponse arrive enfin à la 39e minute. Laura Blindkilde Brown trouve Alessia Russo dans l’axe, remise simple, propre, vers Georgia Stanway. Une touche de balle, puis une frappe clinique pour ouvrir le score. Action limpide, finition froide. L’Angleterre mène, sans pour autant éteindre les doutes.

Le break, puis l’accélération attendue

Au retour des vestiaires, l’Angleterre hausse enfin le ton. Le ballon circule plus vite, les appels se multiplient, la Grèce commence à reculer pour de bon.

À la 63e minute, Maya Le Tissier, déjà menaçante à deux reprises, est récompensée. Ballon récupéré haut, angle fermé, mais elle ne se pose pas de questions : frappe sèche, puissante, qui file au fond. 2-0. Un but qui confirme sa montée en puissance sous les ordres de Sarina Wiegman.

Le coup de massue tombe quatre minutes plus tard. Beth Mead déborde, lève la tête, sert Russo en retrait dans la surface. Contrôle, frappe rasante au premier poteau, petit filet. 3-0, l’Angleterre déroule enfin, la Grèce ploie. À ce moment-là, on imagine un score fleuve, une soirée totalement à sens unique.

Mais la porte reste entrouverte.

La Grèce s’accroche, l’Angleterre se disperse

Au lieu d’achever son adversaire, l’Angleterre relâche légèrement son emprise. Les passes perdent en précision, le bloc se désarticule par moments. La Grèce en profite.

À la 78e minute, Calliste Brookshire, attaquante des Rangers, ramène les siennes à la vie. Contrôle dans la surface, petit festival de feintes, défense anglaise figée une demi-seconde de trop, frappe croisée dans le coin opposé. 3-1. Un but qui ne change pas l’issue du match, mais qui change le ton de la soirée.

Ce but agace Wiegman, et pour cause : ses joueuses avaient le match en main. Elles l’ont laissé respirer. Et même si l’Angleterre continue de se créer des occasions, la finition manque encore. Dans le temps additionnel, Jess Park déclenche une frappe lourde qui s’écrase sous la barre avant de rebondir devant la ligne. Symbole cruel d’une supériorité réelle, mais incomplètement convertie au tableau d’affichage.

Domination nette, sentiment mitigé

Les chiffres racontent une histoire claire : 74 % de possession, 26 tirs, un contrôle quasi permanent du ballon. Pourtant, la sensation qui ressort de cette soirée est plus nuancée.

L’Angleterre a semblé lente par séquences, prévisible, parfois trop confortable dans son rôle de favorite. Les courses n’ont pas toujours été coordonnées, le ballon n’a pas assez vite transité dans les zones dangereuses. Les décalages existaient, mais la justesse dans le dernier geste a souvent manqué, entre hors-jeu répétés et occasions mal négociées.

Sarina Wiegman ne s’en est pas cachée. Elle a apprécié le calme de son équipe face à l’agressivité grecque, la capacité à maîtriser le tempo, la qualité de certaines combinaisons offensives. Mais elle a aussi pointé du doigt le manque de justesse dans les espaces intermédiaires, le ballon qui ne circule pas assez vite, le manque de rigueur défensive sur le but encaissé. Un message clair : le résultat est bon, la copie, perfectible.

Un avantage réel, une exigence intacte

Ce 3-1 place l’Angleterre en position de force avant le retour à Leicester. La Grèce a limité la casse et peut encore rêver d’un exploit, mais devra sortir de sa coquille, ce qui pourrait ouvrir de vastes espaces aux attaquantes anglaises.

Les Lionesses, elles, savent qu’elles ont laissé des buts en route. Elles savent aussi que le chemin vers le Brésil et la Coupe du monde 2027 ne pardonnera pas ce genre de relâchement à un niveau supérieur. Entre la solidité affichée et les manques criants de tranchant, ce barrage aller ressemble à un avertissement autant qu’à une victoire.

Mardi, il ne s’agira plus seulement de valider la qualification. Il s’agira de montrer quel visage cette équipe veut vraiment offrir au reste du monde.