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Amanda Staveley vise West Ham avec une offre stratégique

Amanda Staveley revient à l’assaut de la Premier League. Un an après son départ de Newcastle, la femme d’affaires britannique et son mari Mehrdad Ghodoussi tentent de se frayer un chemin au cœur de West Ham.

Selon les informations de Sky News, leur société PCP Capital Partners a déposé une offre pour racheter 25,1 % du club, une part détenue par la famille de feu David Gold. Cette fois, ce n’est plus un simple intérêt ou des discussions exploratoires : la proposition est officiellement sur la table.

Une bataille discrète pour la part Gold

Le bloc d’actions visé est stratégique. Avec un quart du capital, on ne prend pas le contrôle du club, mais on entre immédiatement dans le cercle qui compte. Cette part appartient encore à la famille Gold, figure historique de la direction des Hammers, décédé en 2023.

Les autres investisseurs actuels de West Ham disposent toutefois d’un droit de premier refus. S’ils décident d’aligner l’offre de PCP, ils pourront conserver ce paquet d’actions dans le giron existant. Le jeu se joue donc à huis clos, entre actionnaires, dans un équilibre déjà fragile.

Au cœur de ce dispositif, un nom pèse lourd : Daniel Kretinsky. L’investisseur tchèque, qui a augmenté sa participation plus tôt cette année, reste intéressé par un accord, assurent des sources proches du dossier. Mais il ne veut pas aller trop loin. Acquérir la totalité de la part Gold ferait de lui l’actionnaire majoritaire, un statut qu’il ne cherche pas à assumer à ce stade. Il veut renforcer sa position, pas basculer dans une prise de contrôle totale.

Silence radio, mais manœuvres intenses

Dans ce type de dossier, chaque mot compte. Les protagonistes ont donc choisi de se taire publiquement. La famille Gold, si un accord venait à être trouvé, prendra seule la parole. Ni PCP ni les autres investisseurs ne communiqueront avant, par respect pour l’ensemble des actionnaires.

Sky Sports News indique d’ailleurs que PCP n’a pas l’intention de commenter publiquement tant que les négociations se poursuivent. Une discrétion qui tranche avec la surexposition médiatique qu’avait accompagnée la prise de contrôle de Newcastle par le consortium mené par Staveley.

Depuis son départ de St James’ Park, Staveley n’est pas restée inactive. PCP a sondé plusieurs clubs de Premier League, dont Tottenham. Les discussions n’ont pas abouti. Le regard se tourne désormais vers l’est de Londres, vers un club en pleine recomposition et à la recherche d’un nouveau souffle.

West Ham, été de rupture

Le contexte à West Ham explique en partie cette offensive. La saison a été brutale : relégation de Premier League, avenir du projet sportif remis en question, et interrogations autour du banc. La première décision forte est tombée rapidement : Nuno Espirito Santo reste en poste. Le Portugais, arrivé en cours de cycle, aura la mission de reconstruire.

Dans les coulisses, un autre séisme a secoué le club. Le co-président David Sullivan a quitté ses fonctions après l’émergence de « graves allégations historiques » concernant sa conduite, qu’il conteste fermement. Son départ ouvre un vide politique et symbolique au sommet de la hiérarchie. Un vide qui attire forcément les investisseurs ambitieux.

Sur le marché des transferts, West Ham a déjà vu partir deux noms majeurs : Matheus Fernandes et Crysencio Summerville figurent parmi les plus gros départs de l’été. Des pertes importantes sur le plan sportif, dans un effectif déjà fragilisé par la descente.

Mais au milieu des départs, une victoire : le club a conservé son capitaine, Jarrod Bowen. Garder son leader offensif, visage du projet et repère pour les supporters, ressemble presque à une signature à part entière. Dans une saison post-relégation, ce genre de décision peut peser autant qu’un recrutement.

Un club à la croisée des chemins

Entre une structure actionnariale en mouvement, un propriétaire historique disparu, un co-président démissionnaire et un effectif à remodeler, West Ham se retrouve à un moment charnière. C’est précisément dans ces interstices que des investisseurs comme Amanda Staveley aiment s’engouffrer.

Si l’offre de PCP est acceptée, les Hammers accueilleraient une figure déjà rompue aux arcanes du football anglais, capable de naviguer entre ambitions sportives, enjeux politiques et attentes des supporters. Si les actionnaires en place décident de garder la main, le club restera dans une configuration plus familière, avec Kretinsky en renfort, mais sans changement de contrôle.

La décision appartiendra à la famille Gold et aux autres investisseurs. Elle dira beaucoup de ce que West Ham veut devenir : un bastion consolidé autour de ses forces actuelles, ou un club prêt à rouvrir la porte à un nouveau cycle de pouvoir en coulisses.