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Alisha Palmowski, la plus jeune championne de la F1 Academy

Sur le tarmac brûlant du Circuit of the Americas, Alisha Palmowski n’avait pas besoin de gagner pour être championne. Il lui suffisait de tenir. De gérer. De rester dans le cadre. Elle a fait mieux que ça : une deuxième place dans la course à grille inversée de samedi, et la Britannique de 20 ans décroche déjà le titre de la F1 Academy, avant même la course principale de dimanche et le final clinquant de Las Vegas en novembre.

Elle ne l’a pas crié. Elle l’a soufflé, presque incrédule : « un rêve devenu réalité ».

La plus jeune championne, déjà dans l’histoire

Ce titre n’est pas seulement un trophée de plus dans une série en pleine construction. Palmowski devient la plus jeune championne de l’histoire de cette filière 100 % féminine. Elle succède à une autre Britannique, Abbi Pulling, sacrée en 2024, et inscrit un peu plus le drapeau britannique dans l’ADN de la catégorie.

Sous les couleurs de Campos Racing, intégrée au Red Bull driver academy, la pilote née à Glossop a imposé un rythme que personne n’a vraiment su suivre sur la durée. Cinq victoires en 11 courses disputées cette saison, une seule arrivée hors des points – lors d’une course à grille inversée à Zandvoort – et une constance qui fait déjà penser à une pilote formatée pour les échelons supérieurs.

À Austin, le calcul était simple : finir suffisamment haut pour rendre toute remontée adverse mathématiquement impossible. Elle l’a fait sans trembler.

Une couronne et une dédicace

Quand elle retire son casque, la championne laisse tomber les chiffres. Ne restent que les émotions. Les siennes, et celles d’une famille qui a mis sa vie entre parenthèses pour la pousser jusqu’ici.

« J’ai commencé à courir à huit ou neuf ans, c’était juste moi et mes parents », raconte-t-elle, la voix serrée. Elle dédie son titre à sa grand-mère malade, évoque sans détour les sacrifices familiaux, ces kilomètres avalés, ces week-ends engloutis sur les circuits, cette vie entière tournée vers une ambition : lui donner une chance.

« Ils ont vraiment mis leur vie sur pause pour me permettre de vivre mon rêve. » Dans un paddock souvent rugueux, la phrase résonne comme un rappel : derrière chaque combinaison, il y a une histoire de cuisine, de garage, de comptes à découvert et d’espoirs tenaces.

Felbermayr écartée, Larsen récompensée

Avant le départ, une seule pilote pouvait encore, sur le papier, priver Palmowski du titre : l’Autrichienne Emma Felbermayr. Elle devait frapper fort, espérer un faux pas de la Britannique et repousser l’échéance au moins jusqu’à la course de dimanche.

La réalité a été plus cruelle. Felbermayr ne fait « que » quatrième. Correct, mais insuffisant. La pression retombe, les chiffres parlent : le titre s’envole définitivement vers Palmowski.

Pendant que la bataille pour le championnat se règle en arrière-plan, une autre histoire s’écrit en tête de course. La Danoise Alba Larsen passe la ligne en première et décroche sa toute première victoire en F1 Academy. Un succès construit, propre, qui vient récompenser sa persévérance et lui offre enfin un moment à elle, loin de l’ombre du duel pour le titre.

Sur le podium, une autre promesse : la Française Lisa Billard, 17 ans seulement, termine troisième. Une jeunesse assumée, un visage encore presque enfantin, mais déjà une place parmi les grandes. Ce podium-là dit quelque chose de l’avenir de la série : il est déjà en train d’arriver.

Et maintenant ?

Palmowski a verrouillé le championnat avant l’heure, mais la saison n’est pas terminée. Il reste une course à Austin, puis un final à Las Vegas qui s’annonce comme une vitrine idéale pour une championne fraîchement couronnée, déjà adossée à un grand programme de jeunes pilotes.

Elle arrive à ce rendez-vous avec un titre, une histoire familiale forte et un palmarès qui s’épaissit à toute vitesse. La question n’est plus de savoir si elle a sa place dans les formules de promotion supérieures. Elle est de savoir à quelle vitesse le monde du sport auto va lui ouvrir la porte suivante.