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Les exploits et revers de l'Afrique lors de la Coupe du Monde 2026

En 2026, l'Afrique a envoyé son plus grand nombre d'équipes à une phase finale de Coupe du Monde, dix en tout. Malgré des histoires marquantes, les résultats ont été mitigés pour ces nations. Alors que neuf d'entre elles ont atteint les phases à élimination directe, seul le Maroc a franchi les quarts de finale. Cinq équipes africaines ont vu leur parcours s'achever sur des buts encaissés dans les dernières minutes, notamment le Sénégal et l'Égypte, qui ont perdu des avantages de deux buts dans des fins de match haletantes.

Les révélations du tournoi : Cape Verde

L'exploit de ce Mondial revient incontestablement aux Blue Sharks de Cape Verde, qui, pour leur première participation, ont atteint les 32es de finale après avoir tenu en échec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie Saoudite. Leur combat face aux champions en titre argentins a été intense, avec un score final de 3-2 après prolongation. Le gardien Vozinha est devenu une véritable sensation, passant de 50 000 à plus de 29 millions de followers sur Instagram. À 40 ans, sa popularité a même inspiré le nom d'une nouvelle espèce de limace marine.

« Nous avons montré qu'on peut rivaliser avec les meilleurs », a déclaré le défenseur Roberto Pico Lopes. « On est une petite nation avec un grand cœur, si on croit en soi, tout devient possible. »

Maroc : confirmation et jeunesse prometteuse

Le Maroc s'est affirmé comme la meilleure équipe africaine, en atteignant pour la deuxième fois consécutive les quarts de finale, une première pour un pays du continent. Néanmoins, ils n'ont pu rééditer leur exploit de 2022 face à la France. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, leur style s’est ouvert, mettant en lumière des talents comme le jeune milieu de terrain de 18 ans Ayoub Bouaddi.

Les défaites douloureuses sur des buts tardifs

Plusieurs équipes africaines ont souffert d'un manque de concentration dans les derniers instants. Le Sénégal, menant 2-0 contre la Belgique à la 85e minute, a finalement perdu 3-2, avec un but historique à la 125e minute. Égypte et RD Congo ont également encaissé des buts décisifs dans les dernières minutes de leurs rencontres. Ce phénomène a aussi touché l'Algérie et la Côte d'Ivoire, ce qui interroge sur la capacité des équipes africaines à gérer les fins de match.

La psychologue Dr Nikita Rowley explique que cette vulnérabilité vient surtout de la fatigue cognitive et physique, amplifiée par la pression émotionnelle des moments décisifs.

Un apprentissage nécessaire pour progresser

L'augmentation du nombre de participants africains au Mondial est due à l'élargissement à 48 équipes. La plupart des joueurs africains ne sont pas habitués à ce type de compétition à forte intensité. Selon Mattar M Boge, entraîneur gambien, l'expérience européenne et sud-américaine provient du fait qu'ils jouent plus de matchs à enjeux, notamment via des compétitions comme la Ligue des Nations.

Des déceptions et des questions en suspens

La Tunisie a été la grande déception, éliminée dès la phase de groupes malgré un changement d'entraîneur en pleine compétition. Le Ghana a atteint les huitièmes pour la première fois depuis 2010 mais sans montrer d'efficacité offensive, ne cadrant que quatre tirs en quatre matches.

Des obstacles hors du terrain

Ce Mondial a aussi montré les difficultés administratives auxquelles les Africains ont dû faire face. Des supporters ivoiriens et sénégalais se sont vus refuser certains visas, et plusieurs autres pays ont dû verser des cautions élevées pour obtenir les leurs. Le principal arbitre africain, Omar Artan, a été empêché d'entrer aux États-Unis malgré ses documents en règle, ce qui a suscité de vives critiques envers la FIFA.

Perspectives pour l’avenir

Avec le retour de la Coupe du Monde en Afrique en 2030, coorganisée par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, les sélections africaines auront l'occasion de tirer des leçons de ce tournoi. L'idée d'une Coupe à 64 équipes pourrait ouvrir encore plus de places pour le continent, mais le chemin vers une progression réelle reste lent.